À mon âge on peut tout dire...

Mais surtout ne pas mentir, c'est moche et trop facile !

À mon âge on peut tout dire...

Mais surtout ne pas mentir, c'est moche et trop facile !

BONJOUR,

Je ne suis ni écrivain ni romancier, vous remarquerez d’ailleurs en me lisant que je n’ai point le talent pour cela.

Je relate seulement des faits et je les pose là en me disant que peut-être des personnes auront plaisir à les lire et qu’ils leur rappelleront des moments de vie. Je prends aussi beaucoup de plaisir à écrire tout ça dans le respect de la vérité en veillant à chaque instant à ce que ma vieille mémoire de 87 ans passés ne m’en éloigne pas trop. Puis je trouve cela excitant !

Nous sommes à ma mi-avril 2021 encore en pleine pandémie et les vagues de la tempête, plus scélérates les unes que les autres empêchent encore les vieilles personnes comme moi de distinguer un horizon bien défini.

Aussi parce que lorsque on a eu une vie bien active et que tout s’arrête, la déprime vous revient souvent sans avertir, comme hier soir d'ailleurs ! Alors j’écris un peu et ça va mieux…

Pourquoi ai-je voulu pour commencer à me présenter à vous sous cette espèce de biographie en forme de bilan ? Parce que cela va me servir de guide, de table des matières pour j’espère, aller plus loin dans les anecdotes. Peut-être même, jusqu’au bout, va savoir ?

Je suis donc né à Avrillé près d’Angers le 26 octobre 1933. J’ai obtenu le Certificat d’Études primaires en 1947 et le Permis de conduire le 13 décembre 1955 à bord d’une fourgonnette Citroën Rosalie fatiguée que mon employeur de l’époque Monsieur Rousseau du Comptoir Moderne de la rue St Lazare d’Angers m’avait " prêtée " pour la circonstance. Et j’avais embarqué avec moi  un Inspecteur qui devait juger de ma compétence... car c’était autorisé à l’époque… C’était un petit homme d'apparence fluette, heureusement car le siège "passager" était très endommagé par le martyr que nos empilages de cageots ou de sacs de pommes de terre lui faisaient subir au quotidien !

Pour la petite histoire entre nous, j’effectuais déjà depuis longtemps pas mal de livraisons à ce volant, plus ou moins « en double » comme on dit, mais bon. En 1955 la police n’était pas trop regardante et fichait une paix royale aux commerçants du quartier.

Muni donc, des ces deux documents officiel, CEP et Permis de Conduire, j'entendais bien conquérir le monde et même un peu plus. Ba voyons ?

La réalité devra hélas, se montrer très longtemps bien différente 

J’ai parcouru le premier trentenaire de ma tumultueuse existence en faisant un très grand nombre de choses avec hélas, plutôt moins que plus de satisfactions, j’avais une bougeotte frénétique et une dangereuse instabilité… Je vous en livre ici quelques détails parmi les plus marquants avec une exactitude qui peut être parfois approximative mais je me rassure toutefois par le fait que beaucoup de témoins hélas, ne sont plus de ce monde. J’ai retenu de cette multitude d’emplois un grand tas de savoirs et de tours de main qui m’ont permis jusqu’à ce jour de solutionner des quantités de situations.

Allez, allons-y, mais dans le désordre cela me sera plus facile à vous raconter… J’ai tissé des toiles de sommiers métalliques chez Le Lain Avenue Besnardière à Angers. J’ai été grouillot livreur d’épicerie au Comptoir Moderne rue St Lazare. J’ai travaillé aux Biscottes Langevines, rue du Champ-de-Bataille. J’ai travaillé trois ans chez Bessonneau à l’Atelier Brin. J’ai travaillé aux Nouvelles Galeries rue d’Alsace pour repeindre des mannequins d’étalage ! À quelques mètres de là j’ai été vendeur à la Hutte (Sport Camping Bateaux) chez les Delcroix, où j’ai retiré du passage dans ce dynamique commerce énormément d’enseignements. J’ai approché là une clientèle plutôt aisée de la ville d’Angers aux traits bien spécifiques de la bobo culture sportive (tennis !) locale de l’époque. J’y ai bénéficié en ma qualité de vendeur occasionnel de bateaux, et aux frais de la société Evinrude d’un stage de pilotage de hors-bord et d’autres embarcations motorisées, sur l’étang de Thau à Tète. Un stage exaltant, des huitres par douzaines et beaucoup (trop) du petit vin blanc local !

J’ai aussi tâté du Vol à Voile à l’Aéro-Club de l’Ouest d’Avrillé, j’ai passé beaucoup de temps sur le terrain d’Aviation où ma grand-tante était concierge. J’ai acquis là une réelle culture de l’aéronautique de l’époque, j’étais incollable sur toutes les dates et faits divers se rapportant à l’aviation. J’avais un abonnement à la revue Décollage que je dévorais chaque mois de la première à la dernière ligne. J’ai fait mon baptême de l’air sur le planeur biplace C800 Drouelle avec René Hersen (je vous raconte ça par ailleurs ici sur ce blog). Je n’ai pas pu continuer pour obtenir le B.E.S.A. (remplacé plus tard par le B.I.A) faute de moyens financiers. Alors, la larme dans l’œil, je suis devenu marin le 27 juillet 1952...

Quartier-Maître Timonier en Indochine (52/55) (Transmission, Navigation Secrétariat du Bord, etc.) sur l’Aviso escorteur La Capricieuse. J’ai beaucoup aimé le merveilleux Vietnam et ses gens, ses dames, sa Bière Larue et ses cigarettes Mélia. J’ai moins aimé la guerre que nous étions en train d’y perdre après l’y avoir engagée… Je vous en raconte un triste épisode un peu plus loin également.

Je me suis marié le 1er mai 1957 en l’église d’Avrillé avec Odile, une adorable petite bonne femme, fille aînée d’un charcutier-bistrot de Chalonnes-sur-Loire. Nous avons eu quatre enfants, trois garçons dont le cadet est hélas décédé récemment d’un affreux accident cardiaque. Son ainé termine paisiblement en région parisienne une carrière largement aussi heurtée que la mienne. Le plus jeune est un florissant Commercial Grand Compte et ma pétaradante fille Véronique, célibataire âgée de 60 ans, dingue de rock, de séries TV policières américaines et de fromages forts et bien faits, qui a opté pour le célibat, vit avec moi depuis le décès de sa maman le premier janvier 2009 et qui veille désormais sur mon grand âge comme lait sur le feu en cette période covidemmerdatoire… Et c’est très bien comme ça !

Je continue… J’ai travaillé à la SNCF. (Manœuvre de nuit au Triage, à la « Cale » à Angers). J’ai été Facteur à la Grande Poste, Préposé facteur en Centre-Ville, le plus beau métier du monde… J’ai été Éducateur pour la Sauvegarde de l’Enfance et de l’Adolescence à la Marmitière de St Barthélémy d’Anjou où j’ai beaucoup appris dans le domaine de la psychologie avec un certain Jean Barrère. J’ai été acteur (Fadinard dans une version chantée « d’Un Chapeau de paille d’Italie ». Chanteur ténor d’opérette dans la troupe de Madame Duvivier à Angers et Choriste au théâtre Municipal sous la férule de la redoutable Renée Beldent ! J’ai travaillé trois ans à la Thomson d’Angers, où je m’étais spécialisé dans le réglage des téléviseurs, je m’y étais inscrit au C.E. de l’entreprise. Il y avait un superbe labo photo ou j’ai pu apprendre et me spécialiser dans le développement et le tirage photographique noir et blanc. Puis « pour changer », j’ai obtenu au C.F.P.A. de Laval un C.A.P de peintre en bâtiment. J’ai travaillé quelque temps dans la profession et puis… Patatras, bling, boum, pan et out ! Je vous épargne les détails de la chute…

Survint alors l’énorme bouleversement qui allait changer ma vie… Nous étions en 1966. Je devins sévèrement alcoolique, et cela durera [avec des hauts et beaucoup de bas] jusqu’en 1971 [deux delirium tremens au compteur, beaucoup de souffrances subies et aussi répandues autour de moi]. Cela me menaçait depuis deux ou trois ans il faut dire et j’avoue humblement que tout en voulant me montrer le plus fort devant l’alcool je me sentais irrémédiablement condamné…

Je me suis difficilement guéri de la dépendance alcoolique aidé notamment par le Mouvement Vie Libre, ma chère et courageuse épouse qui ne m’a jamais lâché et aussi bien sûr, avec l’aide de la Médecine.

Après ma guérison [longtemps demeurée provisoire, c’est souvent le tarif] cette foutue saloperie de maladie alcoolique [car c’est son nom] et ses mystères ne cessaient de m’interroger et j’avais une envie folle d’en connaître le pourquoi. J’ai eu bien plus tard l’opportunité de l’étudier. Après de courtes, mais nombreuses « rechutes » je suis devenu abstinent total d’alcool en 1972 et je le suis encore aujourd’hui.

Nous avons alors en famille, quitté l’Anjou et mes souffrances pour nous installer dans les Yvelines où un emploi d’apparence stable ainsi qu’une résidence m’étaient proposés par une personne sûre et membre de notre famille qui habitait sur place. C’est ainsi que je suis entré chez Renault à l’Usine de Flins à 48 km de Paris [près de 15 000 salariés à l’époque] et pendant deux ans j’y ai occupé diverses fonctions, d’abord peintre en bâtiment puis magasinier et vitrier miroitier dont on m’a enseigné le métier.

Mon épouse à rapidement trouvé un emploi de couturière retoucheuse à l’Euromarché tout près devenu ensuite Carrefour Flins. Nous avons loué un logement HLM à Aubergenville à un kilomètres de mon usine puis plus tard une grande et ancienne maison de village, sur la commune limitrophe, à Flins sur Seine également.

 

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