Y en a juste un peu derrière... Parlons-en, pourquoi pas ?

Voici un merveilleux poème écrit voila plus de 40 ans par un Ami,

disparu trop tôt hélas.

Je voudrais le dédier à ceux qui ont la chance que je n'ai pas eu

de "vieillir ensemble"...

 

 

Vieillir

 

Les enfants un à un ont quitté la maison

Devenue trop grande surtout quand vient l’hiver

Le temps coule tout bas et l’horloge au salon

Nous annonce demain pour effacer hier

Notre amour peu à peu est devenu tendresse

On est loin des semailles et plus près des moissons

On se tient par le coeur et nos yeux se caressent

Quand ta main dans ma main murmure une chanson

 

Espérer vers hier

Regarder vers demain

Les yeux à peine ouverts

Pour ne pas voir trop loin

Vivre pour aujourd’hui

Vouloir se souvenir

D’un instant, d’une vie

C’est peut-être vieillir

 

Nos rêves ne sont plus aussi fous que le vent

Les vagues frappent moins fort les flancs de nos bateaux

On allume du feu de plus en plus souvent

Comme on donne la vie et Bon Dieu que c’est beau

On peut ne rien se dire et se parler quand même

Quand on connait bien l’autre sur le bout du Coeur

Le silence frissonne comme un grand je t’aime

C’est le temps qui tricote un moment de bonheur

 

Jean-Luc Gaboriau.

 

 

« Ne coupons point trop tôt l’arbre qu’on croyait mort

Car il peut à force d’espérance voir renaître de nouveaux printemps… »

 

Cette citation m’a été dédiée voilà 32 ans par Jean-Luc Gaboriau,

poète et alcoologue Angevin, venu à mon association Espérance et Amitié de l’usine

Renault de Flins(78)  lors de l’inauguration sur ce site, de ma grande exposition de 1985.

J’étais le Président fondateur de cette association unique pour la prise en

charge du risque alcool en milieu de travail.

 

Henri Vincent


Jean-Luc Gaboriau

 

 

C'était un type merveilleux Jean-Luc, une sorte de Jacques Brel

qui s'était comme moi un jour penché sur le sort des "amputés du coeurs", les alcooliques...

...dont je suis moi-même un rescapé voila près de 50 ans.

 

 

 

 

 

 



La récompense

Ce mardi 5 décembre 2017, nous avons été 38 personnes à recevoir

de notre Municipalitéle grand honneur de la médaille du bénévolat.

Pour beaucoup d'entre nous c'était  la récompense

de nombreuses années de service en association.

Pour ce qui me concerne, au delà de mon engagement dans cette ville d'Angers, 

cela comptabilise plus de quarante ans d'engagement au sein

de diverses autres structures et j'espère bien que cela va durer encore un peu ?

La Mairie d'Angers

Ce mardi 5 décembre j'ai gravi le grand escalier qui conduit au salon d'honneur...

Pour recevoir des mains de Madame Michelle Moreau la Première adjointe...

Et sous le regard de Monsieur le Maire Christophe Béchu...

La médaille du Bénévolat. Superbe pièce Arthus-Bertrand gravée à mon nom.

Le discours d'inauguration de la cérémonie par Monsieur le Maire

Et photo finale...

L'ai-je bien redescendu ?


L’intelligence (f.dard)

 

L'Intelligence

L'intelligence, c'est ce qui permet à un individu de communiquer avec tous les autres. Elle implique, non seulement la compréhension, mais également la bonté. Partant de là, j'affirme, je clame, qu'il n'existe pas de salaud intelligent.
L'intelligence, c'est la tolérance. Elle ne doit s'insurger que contre la connerie, lorsque la connerie atteint des points de violence culminants ; qu'elle devient tyrannique, répressive, contraignante.
L'intelligence, c'est la main tendue, le sourire tendu, le cœur tendu. Elle se nourrit davantage d'amour que de culture.
L'intelligence, c'est la fantaisie. C'est le grain de folie qui ne doit jamais germer, mais qui pimente si bien la grisaille quotidienne.
L'intelligence, c'est la modestie foncière, la permanence de la notion de fin dans l'esprit d'un homme.
L'intelligence, c'est la charité, c'est faire sienne la douleur des autres.
L'intelligence, c'est le respect de la paix sous toutes ses formes, c'est l'amour de ce qui est juste.
L'intelligence, c'est la mémoire d'un bonheur qu'on n'a jamais connu, mais qui vous sert d'espoir.
L'intelligence, c'est de dominer ses bassesses pour rester disponible.
L'intelligence, c'est regarder, entendre, toucher, humer, goûter le monde en tentant d'affiner ses sens au maximum pour en avoir une plus délicate perception."

 



Les cons (f.dard)

Les cons !

"Les cons me blessent, me contraignent, me ligotent, me flagellent, m'ulcèrent, me démoralisent, m'irritent, m'endorment, me conspuent, m'oppriment, me dépriment, m'usent, me défèquent, me ruinent, m'embrigadent, m'écrasent, me crucifient, me volent, me violent, m'accidentent, m'assassinent, me font alternativement suer et chier..., m'obligent, me vilipendent, me rognent, me bafouent, m'emplâtres, m'épouvantent, me vieillissent, me profanent, m'éclaboussent, me saoulent, m'amputent, me saignent, me noircissent, et surtout ô combien surtout- immensément surtout me fatiguent et me re-refatiguent un peu plus chaque jour, m'emmerdent jusqu'à la désintégration finale.
Hélas, certains cons cherchent à se distinguer, devenant pires, des cons dangereux.
"Mais, m'objecteras-tu, con comme je te sais, qui sont les cons dangereux ? "
Bon. Les cons dangereux ?
Je vais te dire ...
Les cons dangereux sont ceux qui exploitent ta connerie pour t'imposer la leur, c'est à dire : Ceux qui enseignent aux enfants que le péché existe et le leur interdisent au risque que des natures faiblardes leur obéissent, ceux qui font croire qu'ils sont indispensables alors qu'ils sont superflus, ceux qui dénoncent, ceux par qui le scandale arrive, ceux par qui il n'en finit pas, ceux qui alignent des hommes en colonnes, ceux qui achètent ce qui n'est pas à vendre, ceux qui divisent pour régner et qui règnent pour soustraire, ceux qui ont quatre mains et qui, au lieu de jouer au piano, s'en servent pour se boucher les yeux et les oreilles, ceux qui prennent les gens pour des hommes, les hommes pour des cons et les cons pour ce qu'ils sont.

Ceux-là, souviens-t'en bien, mon fils, sont des cons dangereux. A marquer au fer rouge de la honte. A désigner, à proscrire, à conspuer.

Note:

Mort aux cons. Lisant cette inscription sur la Jeep de Leclerc,

De Gaulle aurait dit : Vaste programme !



La ronde des vents

Je viens de retrouver dans mon foutoir personnel, ce merveilleux poème que m'offrit jadis un bon copain Hugolien forcené. Je vous en livre volontier le fumet et vous en pète une collégiale phalangée.

 

À mon ami Henri VINCENT

pétophile émérite

Et à notre Amie commune : La Louise

  

O pet majestueux, dont les trilles charmantes

Sont les voix modulées des tripes qui fermentent,

Plus beau que les flonflon d'un orchestre viennois,

J'aime le son du corps qui glisse entre les noix !

 

Car, vois-tu, en ces temps agités et moroses,

Les pets que l'homme fait ne sentent plus la rose.

Du pet bien préparé il n'a plus le savoir,

Il pète aveuglément sans s'en apercevoir !

 

Et même pour le vieux, relique d'un autre âge,

Le pet n'est qu'un besoin : son lâcher le soulage,

Il souffle dans les graves et s'exhale en mourant,

On le laisse échapper parfois, même en courant !

 

J'aime le franc péteur dont le sphincter s'honore

D'un pet bien parfumé, vigoureux et sonore,

Celui qui n'aimant point péter dans la douceur,

Au lieu de le cacher, annonce la couleur !

 

J'aime celui qui sait, avant qu'il ne les serve,

Maintenir sous pression tous ses pets en réserve,

Et levant hardiment la patte et le fémur,

Ne vous lâche ses pets que lorsqu'ils sont bien mûrs.

 

Car du vol du bourdon à celui du moustique,

L'anus est un parfait instrument de musique,

Qui sonne fièrement et module à ravir

En assurant des joies à qui sait s'en servir.

 

Pétons gaillardement ! A bas les fesses tristes !

En maîtrisant nos vents soyons de vrais artistes,

Essayons de péter les airs qui nous ont plu

Car quand nous serons morts, nous ne péterons plus !

Orly, le 10 février 1990

Désiré AUMAIRE



Eh ! les octo-nonagénaires...

La brique, la bonne vieille brique rose dans le pied du lit, ça ne vous rappelle rien ?


Moi si, pendant la dernière guerre.
Ayant été bombardés en juin 1944 à Avrillé, nous habitions (ma mère, récente veuve de guerre, mon frère et moi) un baraquement en bois au Parc de la Haye qui abritait encore des militaires allemands quelques mois plus tôt.
Cet hiver 45 fut plus froid que ceux d’aujourd’hui et nous n’étions pas très bien chauffés. La bonne vieille cuisinière Rosière bleue1930 ronflait pourtant très fort en faisant vibrer ses vieux « ronds » fêlés, alimentée par le fameux « Boulet barré aux deux extrémités » ou bien de solides bûches de châtaigner, mais elle ne parvenait point à maintenir une température acceptable dans les trois pièces de la baraque. Il nous est même arrivé de retrouver de la glace dans l’évier en ciment de la cuisine le matin…
Alors chaque soir, avant d’aller nous coucher, ma mère sortait du four les briques… des bonnes vieilles briques récupérées dans des décombres voisins (c’était facile). Elle crachait dessus afin de s’assurer d’une température raisonnable puis elle les enveloppait dans des pages du Petit Courrier. Elle glissait le tout dans une vieille chaussette ou une ancienne manche de gilet et nous emportions chacun le précieux colis dans notre lit.
Je me souviens que je déplaçais le paquet depuis mes pieds jusqu’à mon dos ou contre mon ventre plusieurs fois avant de m’endormir… C’était délicieux et il ne me venait pas encore l’idée de me plaindre.

Mais comment étions-nous donc faits... en 45 ?

J’en frissonne encore aujourd’hui à cette seule évocation, brrr. ! 



Mauvais esprit d'un dimanche 11 novembre 2012 a 20h53

Et oui c'est la date à laquelle fâché j'avais écrit celà. Sans en modifier le moindre signe, je vous livre aujourd'hui 9 octobre 2017, ces lignes brut de décoffrage et je demande pardon aux personnes que mes propos pouraient heurter.

 

Quand j’avais dix-huit ans, nous l’appelions le « Rallim’s » ainsi qu’il avait été « surn’s-nommé » sans aucun doute par les Gadzarts d’Angers.

C’était une grande place où des milliers d’angevins finissaient généralement par se retrouver un jour ou un soir, parce que c’était facile. Parce que quatre ou cinq rues exceptionnellement commerçantes y déversaient en permanence de tout un peu d’Angevins de toutes conditions et de tous âges.

Pour moi, c’était une place chaude, au sens le plus social du terme et en toute saison. Je traversais rarement la ville sans en faire – au moins – un quart de tour. A pieds ou à vélo, bien sur…

Quelques années auparavant, le tramway y circulait encore, sans faire d’histoire lui, sinon beaucoup de bruit annoncé par le double tintement de sa cloche avertisseuse (je l’ai encore en tête) Mais il ne prenait pas beaucoup de place ce joyeux et bringuebalant véhicule agrémenté de réclames diverses pour des alcools locaux où des bouillons de bœuf…

De magnifiques brasseries offraient des terrasses pourvues de nombreuses tables entre lesquelles se faufilaient prestement à la belle saison, pour vous servir, des « garçons » élégants et véloces.

On était bien « au Rallim’s, même sans s’attabler pour autant. On s’y sentait encore « chez soi » et son nom n’était point usurpé car on y rencontrait toujours quelqu’un « de connaissance ».

On se retrouvait au Rallim’s. On se donnait rendez-vous au Rallim’s. Et puis, il faut bien le dire, c’était un peu chic, enfin, pour moi, le petit gars du Bois du Roy…

 J’ai dit plus haut que c’était une grande place et c’est vrai qu’elle était moins encombrée qu’aujourd’hui et de ce fait il était plus facile « d’y voir ».  Il y avait des bancs pour vous accueillir. Je me souviens même y avoir entamé quelques tentatives de tendre cour…

Puis on a commencé à l’encombrer de divers « mobiliers dits urbains » dont, il faut le dire, beaucoup d’entre eux ne furent point mobile du tout

On y a construit et déconstruit pas mal de chose, au gré des caprices politiques du moment jusqu’au jour ou on s’est souvenu qu’un tramway y avait circulé.

Et voilà que quelque extraordinaire et rare «intelligence» locale » a eu l’idée  aussi sotte que grenue de l’y rétablir.

Et là, mes amis vous êtes les spectateurs ahuris du grandiose ! Du jamais vu, du jamais imaginé. Et peut-être même du jamais budgétisé ?

Notre Rallim’s recouvert de 2000 tonnes de grès de la meilleure qualité qui soit, presque blanc mais qui sera bien vite souillé pour donner au lieu bien plus l’aspect d’un parc a bovins qu’à celui d’une pace de ralliement social.

On ne pourra jamais plus y laisser des enfants jouer à la trottinette tant ce satané tramway constituera un danger et croyez-moi, on va l’encombrer bientôt d’un tel fourbi, y compris sans doute d’arbres dont la chute des feuillages caducs posera des problèmes à l’automne, qu’à terme les angevins délaisseront l’endroit ou n’y viendrons que contraints et forcés.

Les rues commerçantes qui alimentaient la Place du Ralliement ne sont plus toutes aussi commerçante qu’elles le furent et ce n’est point le passage du tramway (là où il passera) qui les ramènera vers l'abondance.

Bilan : Une place « bof », ratée, froide, pas sympa, peu attirante, à laquelle il semble difficile d’appliquer sa signification synonyme d’agora.

Je demande humblement pardon aux personnes que mes propos pouront blesser. Ce ne sont là que des ressentiments d’un vieil angevin d’Avrillé qui continuera de vivre, malgré les errements manifestes des politico-urbanistes, une véritable passion pour Angers.

Cette place ne me plaît plus, c’est tout.

En 1950 il y avait des voitures mais il n'y avait pas de parking souterrain



Renaissance de La Chapelle St lazare (en préparation)

Je suis un paragraphe. Cliquez ici pour ajouter votre propre texte et me modifier. Je suis l'emplacement idéal pour raconter votre histoire et pour que vos visiteurs en sachent un peu plus sur vous.


Histoire du bois du roi d'avrillé

Histoire du Bois du Roi d'Avrillé

« extrait de : Avrillé Ville Parc »

www.ville-avrille.fr

 

 

Il y a des siècles, le Bois du Roy était un terrain recouvert de forêts et de clairières.
Par curiosité, lisons ce que disait, fin 19ème siècle, Célestin Port dans son dictionnaire historique, sur le Bois du Roy d’Avrillé

« Le bois d’Avrillé, autrefois domaine du comte, puis du roi, fut aliéné à titre d’inféodation perpétuelle, par Louis XI, au profit de son serviteur Jean Bourré. Il avait pourtant fait retour et fut vendu de nouveau, le 12 août 1586, par le roi à Pierre de Clermont, sieur de la Gaultraie, receveur des deniers communs à Angers, acquéreur pour Guy Trouillet, receveur ordinaire d’Anjou. En 1660, ce qu’il en restait sous le nom de Bois du Roi, comprenait 80 à 100 journaux* de terre, partie en futaie et taillis, dont le taillis seul était exploité. Il appartenait au Domaine, qui l’avait engagé depuis longtemps. (au seigneur de la Perrière) »

Un journal était une mesure de superficie correspondant à la quantité de terrain qu’un homme pouvait labourer en un jour.

Petit à petit, les exploitations agricoles se sont créées, puis développées avant que l’urbanisation envahisse leurs terres. Heureusement, les noms des lieux dits sont restés. Témoins du passé, certains ont été transmis à nos rues et chemins. C’est l’avenue de la Grande Grée, l’avenue de la Grande Pièce, l’avenue de la Grande Planche, le chemin de la Beurrière, l’allée du Cloteau.

Lors de fouilles au 19ème siècle, il y a été trouvé divers objets dont une hache-marteau en diorite de conception danubienne, et d’autres plus récentes d’origine celtique.
Des traces d’exploitation de minerai de fer ont été relevées entre le centre commercial du Bois du Roy et la piscine, ainsi que vers le terrain militaire. Cette zone faisait partie de la forêt comtale, nommée forêt des Echats, traversée par une grande voie romaine allant vers Condate (Rennes).
La révolution de 1789 et les guerres de Vendée ont marqué la commune d’Avrillé. Des exécutions massives y ont eu lieu, plus de 2000 personnes, sur un terrain aujourd’hui appelé Champ des Martyrs. Des voies rappellent cette période. C’est le chemin du Champ des Martyrs, l’avenue Camille Desmoulins.

Au 19ème siècle, arrive l’exploitation de l’ardoise et l’un des principaux sites n’a pas été oublié, malgré les drames nombreux qui se sont produits. C’est l’avenue de la Renaissance.

Au 20ème siècle, un premier projet de lotissement entre la route nationale et l’actuelle avenue de la Boissière est signé le 22 mars 1925, sous condition du bon entretien des voies d’accès. Les lots étaient vendu 2,50 francs le mètre carré. Les premiers pionniers étaient des travailleurs aux maigres revenus ; ils ont déboisé, défriché et construit leur modeste maison. L’électricité y est arrivée en 1931 et l’eau courante dans les années 1950.

En 1924, Guichard et Langlais ont écrit la chanson du Bois du Roy pour glorifier le quartier. En voici le refrain :

Au bois du Roi, plus près de la nature,
Sauvant ta femme et logeant tes petits,
Tu seras roi dans ton clos de verdure,
Ne reste pas esclave en un taudis !
Fier ouvrier, Bois du Roi te convie
Dans un air pur, dans la clarté,
Il veut t’offrir la lumière et la vie
Que te refuse la cité.

Pendant la seconde guerre mondiale, la proximité de l’aérodrome a été un sujet d’inquiétude et de malheur pour les Avrillais ; ils subirent plusieurs bombardements, dont celui du 17 juin 1944. Le Bois du Roy est touché, plusieurs maisons sont détruites et 22 morts sont dénombrés.
Deux voies rappellent le passé aérien d’Avrillé: C’est l’avenue Georges Guynemer, la rue Jean Maridor, rue René Hersen...


Ci-dessus une (assez mauvaise) vue aérienne de l'aérodrome Angers/Avrille datant à mon avis des années 60...?


L’aérodrome, parlons-en…

Quand j’étais gamin, on l’appelait « le champ d’aviation ». Nous habitions, juste en face, rue des Chênes.

J’y ai vu décoller et atterrir, Junkers, Stukas et Dornier 17 de la Luftwaffe. Puis un certain 17 juin de 1944 il a été en partie (par erreur) bombardé par les alliés. Je dis par erreur, car la plupart des bombes qui lui étaient destinées sont tombées sur les habitations du Bois du Roi, et ailleurs aussi, faisant une soixantaine de victimes.

 

C’est là, à quarante mètres de « l’aérodrome » que j’ai vu pour la première fois de ma vie, j’avais onze ans, extraire des ruines du café Léturgie une dizaine d’amis et voisins, morts ou pantelants…

 

Quelques années plus tard, adolescent, j’ai passé beaucoup de temps sur le

« champ d’aviation », le camp d’aviation, ou simplement le camp.

J’étais passionné par les avions et les planeurs de l’Aéro-Club de l’Ouest renaissant. Mes vieux oncle et tante (Anna et Auguste) y étaient devenus concierges.

 

J’étais connu de tous les pilotes et autres acteurs de l’aviation locale. Je me rendais utile sur les pistes, notamment au Vol à Voile et j’étais fier de tenir le bout d’aile d’un 301, d’un 310 P ou d’un Grunaü au décollage.

 

Je connaissais les caractéristiques de tous les avions et planeurs de l’époque à force d’entendre parler tous ces gens admirables de connaissance et de compétence dont j’ai encore beaucoup de noms en tête. Peut-être n’a-t-on pas le droit aujourd’hui de les citer, mais il me faut quand même rappeler celui du merveilleux autant et flegmatique Chef Pilote René Hersen qui m’a un soir offert mon (court) baptême de l’air sur le bon vieux C800 Douelle (encore aujourd'hui suspendu à la charpente du musée de l’air de Marcé)

 

L’ascension se fit « à l’aide de l’antédiluvien « treuil Landreau », enroulant dans un bruit d’enfer un câble aux nombreux nœuds qui - ce fut ma grande peur ce soir là - se rompit à nouveau à 200 mètres. Le temps était magnifique en ce mois de juillet et je vis pour la première fois et pendant quelques inoubliables minutes, l’aérodrome et ses abords, « d’en haut ».

 

Une grande ferveur pour les choses de l’aviation légère m’est restée au cœur depuis ce soir là. Malheureusement je n’eus point les moyens financiers de devenir l’un de ces pilotes qui plus tard ont laissé leurs noms dans les annales de l’Aviation angevine et je devins… marin.

 

Aujourd’hui, le « Champ d’Aviation » n’est plus, mais je m’y vois encore certain après-midi de grand soleil d’été, avec les pilotes au repos, à l’abri de la petite chênaie que l’on a conservée près de la route d’Avrillé.

 

Quand je ferme les yeux, je LE vois encore d’EN HAUT… Et mon cœur se serre…



Mon vécu au PARC DE LA HAYE

 

La Cité « des Baraquements »

Du Parc de la Haye

de 1944 à 1950

Le bombardement du 17 juin 1944 avait dangereusement ébranlé et rendu inhabitable la petite baraque de bois que nous habitions ma mère, mon frère de six ans mon cadet et moi - notre papa étant mort pour la France à Givet le 19 mai 1940 - la rue des Chênes au Bois du Roi d’Avrillé, en face de la rue des Fleurs. C’était l’une de la douzaine de ces petites baraques en bois, toutes semblables construites dans les années 20 dans le Bois du Roi ainsi que dans le quartier devenu Verneau.

 

Après avoir été hébergés momentanément dans une ancienne ferme à La Boulaie de Brain sur Longuenée, nous revînmes vers Avrillé après la libération pour être relogés au Parc de la Haye, à nouveau dans des baraques en bois occupés récemment encore par les troupes d’occupation.

Ces baraquements avaient abrité des hommes et des femmes chargés d’un poste de brouillage d’émissions radio relié aux installations de Pignerolles à St Barthélémy d’Anjou.

Ils étaient pour certains accolés à des bâtiments « en dur » dont l’un était équipé de sanitaires, de douches, et d’un lavoir.

Les autorités municipales d’Angers et d’Avrillé avaient transformé en appartements « sociaux » d’urgence ces locaux ayant servi à d’autres usages. Puis il y en eut d’autres de construits ensuite sensiblement sur le même modèle, mais seulement en bois.

À notre arrivée, quelques-uns de ces logements étaient encore ceinturés à un mètre de distance dépais murs d’argile rouge et de paille mélangés, d’un mètre d’épaisseur et de deux mètres de haut coiffés de plaque de ciment.

Des chicanes en protégeaient les entrées, le tout conduisant à des tranchées encore béantes et destinées, je suppose, à fuir en cas de danger.

Les Services de la Ville déconstruisirent rapidement des « murailles de terre et rebouchèrent les tranchées, donnant à ce village bizarre un aspect un peu plus « social »

Les baraquements étaient construits à proximité du magnifique bâtiment ayant appartenu à une riche famille angevine et devenue longtemps après la Clinique St Didier.

Ce très bel hôtel particulier de quatre étages et deux terrasses que nous (les nouveaux voisins) appelions le «Château » avait abrité de hautes autorités militaires de l’occupant. Il était flanqué à sa droite d’un grand hangar à usage de garage sans doute. L’actuel bâtiment a été aujourd’hui agrandi de 1/3 par rapport à l’original.

 

À proximité de cet ensemble, les occupants avaient creusé et aménagé une sorte de piscine, réserve d’eau en cas d’incendie, peut-être. Ainsi que deux tranchées de 10 mètres sur 6 environ et de deux mètres de profondeur remplies d’eau dans lesquelles tous les deux mètres trempaient des câbles de cuivre. Une installation peut-être en rapport avec la fonction de brouillage ou des ondes radio, dont les occupants, avaient la tâche. ( je n’ai nulle part trouvé d’explication de ce dispositif)

Il y avait sans doute eu d’âpres combats sur le territoire de cette propriété et autour d’elle, car le « château » lui-même portait de nombreux stigmates de la guerre récente. Fenêtres arrachées, impacts de forts calibres sur les murs, traces de flammes, etc.

Quel terrain de jeu magnifique que cet édifice grand ouvert et libre d’accès, pour nous les gamins des nouveaux locataires qui en achevâmes la démolition de la cave à la terrasse.

Pendant le premier mois de notre appropriation du quartier, nous avons ramassé des quantités de munitions diverses abandonnées par les soldats des deux camps, un peu partout, bien que nos parents aient été « rassurés par les Services du Déminage »

Une de ces munitions devait provoquer, un certain mercredi 29 novembre 1946 un très grave accident qui a failli coûter la vie à quatre ou cinq de ces gamins.

 L’un d’eux, mon petit frère frère Michel écrira plus tard:

« Nous jouions, quelques gamins et moi, cinq au total, J’avais sept ans, au bord de la « piscine. »

L’un d’entre nous, Jeannot le plus vieux qui lui n’habitait pas les baraquements avait une drôle de chose à la main* trouvée quelques instants plus tôt sans doute dans des fourrés voisins. Nous étions assis tous les cinq sur le petit muret d’ardoise de la piscine.

Je vois encore son geste, à quelques mètres de moi, le début seulement, car ensuite… ? Et puis c’est si loin.

Il lève la chose au-dessus de sa tête et l’abat entre ses jambes sur les pierres… Un sifflement… Il jette l’objet à quelques mètres et... ?

La déflagration me fait perdre connaissance et je retrouve mes sens à quelques mètres de là, trainant une jambe ensanglantée et de multiples autres blessures de mon côté gauche ; notamment une profonde plaie à la tempe dont le sang m’inonde une partie du buste.

Je crie, je tombe et je rampe dans les feuilles mortes, cherchant le chemin de notre maison pourtant proche de 40 mètres. Je n’ai pas le souvenir d’avoir eu mal.

Je ne sais plus qui ou comment quelqu’un me ramasse dans mon périple de moribond ensanglanté, mais on m’emporte chez ma mère qui, aidée d’une voisine étanchent mon sang avec des linges divers.

Une auto m’emporte à l’hôpital où l’on me couche sur une drôle de table, on m’emprisonne bouche et nez dans un masque malodorant et… Je me réveille le lendemain hurlant de douleur cette fois, couvert de pansements dans l’immense salle St Nicolas de l’Hôpital d’Angers parmi une vingtaine d’autres jeunes gamins blessés ou malades qui souffrent eux aussi plus que de raison de divers accidents dans leurs jeunes existences.

Des religieuses en cornettes ressemblant à des oiseaux (des filles de St Vincent de Paul), s’affairent d’un lit à l’autre…

Je resterai là de longues semaines et regagnerai le Parc de la Haie au début de l’année 1947 claudicant et un peu handicapé. »

Quant au malheureux Jeannot qui avait fait exploser le misérable engin, il avait été beaucoup plus gravement touché et quasiment laissé pour mort, m’a-t-on raconté plus tard. Il avait apparemment perdu un œil et un morceau de son orbite. Il dut subir une importante trépanation.

Il put malgré ses blessures, plus tard devenu grand, débuter une belle carrière « d’homme de cheval », comme son papa.

Les trois autres n’étaient que légèrement touchés et ne furent pas hospitalisés.

* De mémoire et après recherches effectuées par mes soins beaucoup plus tard, il s’agissait d’une grenade à fusil américaine de type antichar AT M9.(voir photo ci-dessous) 

Nous les connaissions bien pour en avoir rapporté plusieurs "à la maison" !

 Puis notre joyeuse vie denfants libres reprit son cours et les recommandations des adultes furent bien vite oubliées.

Nous reprîmes possession de notre vaste royaume de jeux et nos découvertes de nouvelles munitions furent encore fréquentes malgré les interventions soi-disant effectuées par des « services spécialisés » dans ce genre de recherche. 

Plusieurs fois nous avons localisé d’autres grenades à fusil du genre de celle qui avait causé l’affreux drame. À chaque fois nos parents avertissaient Monsieur Cavigneau et celui-ci faisait intervenir rapidement les spécialistes.

Je ne me souviens plus quelles étaient les attributions exactes de ce monsieur Cavigneau, mais il était, provisoirement, je crois, un peu le garde champêtre attitré de notre quartier et son autorité était très respectée.

Je crois bien que les enfants de la guerre jouant à la guerre avec de vraies munitions que nous étions lui ont donné quelques fils à retorde !

Monsieur Cavigneau qui était voilà peu de temps encore un grand chef d’un réseau de résistance ouvrira sur la route de la Meignane, juste avant l’entrée de la rue du Cdt Ménard, une petite épicerie qui ne désemplira pas, éclairée du sourire de sa charmante épouse.

 Pour nous, les 12–15 ans, les munitions dont nous raffolions le plus étaient les balles de fusil, car il nous était facile d’en vider le contenu après les avoir desserties en coinçant le bout pointu et faisant une pression latérale sur le corps. Nous en avons ainsi vidé des centaines et récupéré la poudre pour l’enflammer de diverses manières… Je revois encore cette poudre constituée de minuscules petits carrés noirs et brillants…

Une anecdote à ce sujet : Dans le courant de l’été 1946, après avoir charroyé à l’aide d’une antédiluvienne brouette en bois ou peut-être le châssis d’un ancien landau, je ne sais plus (et en évitant de rencontrer quelqu’un) plusieurs bandes de balles de fusil mitrailleur découvertes dans le bas du Boulevard Hildegarde je crois, nous avons décidé d’organiser un feu d’artifice près du « château », sous le petit hangar.

Je dois préciser ici que dans notre équipe nous avions un « meneur » un peu plus vieux. J’avais 12 ans.

André était un garçon de 16 à 17 ans que nous avions surnommé Pécoq qui, s’il était probablement illettré, était dune rare intelligence et une source inépuisable d’idées folles.

Mise en œuvre de l’évènement : Un tas de (peut-être) 20 grammes de poudre un peu étalé en forme de galette sur le sol et, posé dessus une botte d’une vingtaine de balles de divers calibres solidement ficelées comme des asperges. La mise à feu à distance, environ sept à huit mètres, devant être assurée par une coulée d’un liquide inflammable (espèce de goudron… ?) que nous avions « dégoté » dans les dépendances du « château ».

À l’endroit de la mise à feu, nous sommes (heureusement) dans les marches du sous-sol du « château ». Nous sommes environ huit à dix lascars de 7 à 17 ans dans les marches au moment où Pécoq gratte au mur son allumette soufrée SEITA.

Immédiatement, ça flambe, mais les flammes avancent doucement vers le hangar, si doucement quun moment, on peut craindre l’échec. Il fait pourtant très chaud ce jour-là et nous sommes en plein après-midi.

Le feu « reprend » soudain et atteint la botte et la poudre et là mes amis, c’est la fulgurance !

Une boule de feu de la taille d’une voiture… ça dure trois secondes et puis plus rien.

On s’apprête à sortir de notre abri pour aller voir, quand c’est l’explosions des balles… ça part dans tous les sens et surtout vers le haut où les tôles ondulées Eternit du toit du hangar semblent applaudir avec nous le magnifique exploit.

Aujourd’hui je suis quasiment sûr que notre espèce de « botte d’asperges » contenait aussi de redoutables balles explosives… ! Va savoir ?

Mais quand même mes amis, quelle superbe pétarade et quelle prise de risques aussi, quelle insouciance surtout.

Et voilà les adultes qui rappliquent en courant et vociférant les noms d’oiseaux en usage dans notre collectivité et non prononçables ici...

Ça fume encore à l’endroit de l’exploit, mais nous sommes déjà loin, les talons de nos chaussures nous claquant aux fesses

Je ne suis pas sûr que certains d’entre nous n’aient eu droit à une bonne raclée au retour à la maison et si les gendarmes ne sont pas venus c’est surtout parce que « les gens des baraquements » ne souhaitaient pas trop leur présence ici. Non-event…!

Notre domaine de jeux était immense et pourtant nous en connaissions chaque mètre carré.

C’était l’aventure permanente sous des genêts immenses et touffus où nous construisions de magnifiques cabanes ou bien dans les arbres où nous étions Tarzan, Jane et Chita comme dans les films que Monsieur Bourgouin des Tournées France Cinéma venait projeter chaque mois dans une des salles de l’un des baraquements qui avait été pompeusement baptisée  »salle des fêtes »

Nos Janes étaient multiples et déchiraient comme nous le fond de leur culotte Bateau aux branches et aux épines.

Que de batailles d’Indiens, de Sioux maquillés à la mure écrasée dans une boite kaki trouvée là et ayant contenu peut-être le corned-beef de l’armée américaine.

Que d’arcs et de flèches empruntés aux forêts de noisetiers du lieu.

Que de navigations hasardeuses sur l’étang St-Nicolas à l’aide de barques non cadenassées empruntées à des pêcheurs trop confiants.

 

Aux baraquements, les parents et voisins de nos enfances étaient pour la plupart sortis bien « cabossés » par de longues années de privation, d’insécurité, de peurs et de deuils et finalement d’expulsion par la guerre…

Ils pensaient surtout à revivre, ou seulement à vivre… enfin.

Dès 1945, un petit comité des fêtes avait dû voir le jour, car j’ai le souvenir de belles journées de joie qui furent organisées dans la « Salle des fêtes »

Quelques habitants du Parc de la Haye y participaient, notamment les demoiselles Le Noble qui étaient de remarquables et tendres animatrices. J’entends encore chanter la superbe voix de Margot Méaule, un amour de dame et un bout en train extraordinaire

Il y avait du travail quasiment pour tout le monde, les gens vivaient dans une sorte de bonheur retrouvé, voire découvert… Il n’y avait pas de misère chez les gens modestes de ces familles qui finalement formaient une « grande famille » rassemblée là derrière les arbres, un peu caché c’est vrai, en retrait et qui n’apparaissait pas trop aux « gens bien » depuis la route.

Ils étaient là comme des réfugiés ayant perdu leur logis détruit par la guerre ou récupérés par des propriétaires peu scrupuleux bien heureux de se séparer de gens de peu.

Ils venaient d’Avrillé, de la Doutre, du quartier St-Nicolas, de Ligny etc.

Il y avait une grande solidarité aux Baraquements. Chacun avait à cœur d’aider ou dépanner un voisin. Les quelques chamailleries de voisinage du samedi soir auxquelles j’ai pu assister s’éteignaient naturellement autour d’un litre de Goulou du Comptoir Moderne !

Nous les gamins (et aussi un peu les adultes) nous prenions beaucoup de plaisir au spectacle de retour au bercail de certains hommes en fin de semaine. À bicyclette puis sur les premières Mobylettes et Rhonsonnetes.

Il fallait les voir négocier le trajet du retour parmi les nombreux arbres conservés autour de nos baraques pour atteindre, les jours de chance, sans trop d’encombres leur domicile.

Les jours de moins de chance, pour l’un d’eux coûtumier , c’était la « gamelle » superbe, tête première dans le roncier et l’arrivée de l’épouse éplorée venant au secours de son mari, en invoquant le Bon Dieu… - Mais dans quel état tu t’es mis encore ?

Il n’y a jamais eu de drame de sang aux baraquements ni même de brutalités. Il y avait hélas, beaucoup d’alcoolisme dans ce milieu de travailleurs, maçons, terrassiers, tâcherons, journaliers de fermes, de manœuvres de Montreuil-Belfroy, de Bessonneau, des Fours Martin de Montrejeau, d’anciens de « la guerre 14 » etc.

 Il y avait également des grands malades (des poumons !), des infirmes et quelques vieillards.

 C’était un peu la Cour des Miracles aux baraquements, mais on était bien…

 L’Amour, l’Amitié et le vin rouge veillaient sur notre cité, c’est sûr !

 

La « baraque » que nous habitions avec ma mère était presque un palace pour l’époque… Elle avait été construite à la hâte après les hostilités par le Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (MRU), je crois ? Sur le même modèle que celles déjà construites à côté précédemment, par l’occupant.  Certaines de ces six ou sept baraques comprenaient quatre à cinq logements contigus. La nôtre, deux seulement.

Totalement construite en bois et recouvertes de planches de pin selon la formule du bardage à chevauchement horizontal, les « murs » de 15 à 20 centimètres d’épaisseur environ contenaient des feuilles isolantes d’aluminium que l’on entendait froisser les jours de vent d’hiver. Ce n’était pas du tout étanche il faut dire Et nous y avons eu souvent très froid.

Le toit était recouvert de papier goudronné retenu par des lattes sur lequel les glands des chênes faisaient un boucan d’enfer les jours de tempête. Il faut dire qu’il avait été conservé un maximum d’arbres autour des baraques, et que certains d’entre eux étaient à moins d’un mètre de la maison, à tel point que chez nous, nous n’avons jamais pu ouvrir « en grand » le volet d’une chambre… On avait tendu des fils de fer "à linge" entre ces arbres et aujourd'hui je peux encore vous montrer les boursouflures laissées par ces fils !

Quatre pièces avec un parquet partout constitué de planches disjointes dont il fallait de temps en temps renfoncer les clous et qui grinçaient à l’horreur.  Il faut dire que la baraque craquait d’un peu partout selon le grand soleil ou les intempéries.

Des baraques en bois, des équipements de cuisine et chauffage pour la plupart très anciens ou vétustes, et pourtant, je n’ai pas le souvenir du moindre départ de feu.

Dans la cuisine-salle commune, nous avions un évier carré en ciment lissé muni d’un unique robinet où nous venions chacun à son tour faire notre toilette. Pas encore de chauffe-eau bien sur, le fourneau à « Butagaz » arriverait heureusement bientôt dans tous les foyers.

Il fallait réchauffer de l’eau dans une casserole rapiécée sur la bonne vieille cuisinière Rosières bleue sauvée du bombardement et alimentée avec le célèbre « Boulet Barré aux Deux Extrémités » que nous livrait le père Rabergeau avec son plateau à pneus et à cheval.

Des toilettes équipées d’une chasse d’eau en fonte qui faisait le bruit monstrueux d’une énorme régurgitation, quand on tirait la chaine

Finie, « la cabane au fond du jardin » de la Rue des Chênes…

Mais, je l’ai dit par ailleurs, nous étions bien…

Nous mangions enfin à notre faim malgré les « tickets » qui rationneraient pour quelque temps encore l’approvisionnement de quelques denrées  alimentaires.

Le confort moderne ici vous dis-je, l’eau courante, l’électricité, chacun sa chambre, bien supérieur à celui de notre maison précédente, à la différence cependant que là-bas il fallait « tirer de l’eau » au puits avec la « seille » pendue au bout d’une chaîne qui senroulait autour un rondin biscornu muni d’une manivelle et qui couinait à chaque tour. La chaîne cassait souvent et il fallait récupérer l’ensemble avec le grappin du voisin  Marcel Nolin qui procédait à une réparation avec du fil de fer.

 

Depuis que nous habitions « aux baraquements » mon frère et moi allions à l’école d’Angers dite du Boulevard de Laval et devenue André Moine en 1946, ledit Boulevard étant lui même, devenu le boulevard Clémenceau.

Trois kilomètres à pieds matin et soir tout au long de la rue de la Meignane au son de nos galoches à semelle de bois et à bouts carrés protégés  par des bandes de caoutchouc découpées dans des pneus que cloutait notre mère, le soir sur le « pied-de-fer » de feu notre papa qui avait été cordonniers. Maman avait elle aussi travaillé avec papa « dans la chaussure » chez Goirand, rue Vauvert à Angers.

Emmitouflés dans nos « capuchons » de toile cirée nous trottinions ainsi par tous les temps au son du contenu de nos plumiers en bois quasi vides.

La charge de mes « devoirs » était bien moins importante que celle charroyée par les écoliers d’aujourd’hui et tenait facilement dans ma petite « musette » kaki US-Army à côté de mes tartines du repas de midi…

Dans cette école, mon frère et moi avons été très studieux et nous y avons même reçu - selon l’expression consacrée -  Not'Certificat !

Nous étions quatre ou cinq à faire ce trajet et quelquefois nous l’agrémentions d’un jeu qui consistait à accompagner « à coups de pied », et « à toi à moi » d’un côté à l’autre de la rue, une - rare encore - boite à conserves.

En arrivant pas loin de l’école, nous cachions l’inestimable objet derrière un poteau électrique près de la Corderie de Guinefolle, afin de le récupérer le soir pour le trajet inverse…

Ma mère avait heureusement protégé les bouts de mes galoches, avec des protections métalliques, genre de parechoc, qui se vendaient à l’époque…

Notre mère habitera une quinzaine d’années aux « baraquements ».

 Quand je ferme mes vieux yeux, je revois quelques images de mon Parc de la Haye de ces années-là.

En remontant la rue de la Meignane, après avoir laissé sur la gauche le petit chemin de Roc-Epine, je revois les lopins de terre que la municipalité d’Avrillé nous avait attribués gratuitement et que nos mères et pères avaient défrichés « à dos brisés » et ensemencés de ce qu’ils appelaient plaisamment et « librement » désormais des « kartoffels » parodiant ainsi les troupes d’occupation qui avaient tant recherché naguère ces tubercules.

Puis après, sur la droite peu avant le rondpoint de l’actuel Val d’or, Madame et Monsieur Cavigneau avaient, dans une dépendance, ouvert une épicerie où les gens des baraquements et de tout « le Parc » venaient acheter l’essentiel des courses.

Juste en face, la ferme Perreau dont l’entrée, était ornée de deux énormes conifères dont l’un est encore vivant.

Plus loin à droite (au 29) il y avait l’entreprise de transport Réveillère. La grande porte du garage est encore visible.

Puis, la Maison du Chapelain, qui ne semble pas avoir changé. Et le Café Restaurant Hôtel St Louis Boisneau où je suis revenu le Premier Mai 1957 célébrer en famille, mon mariage.

Juste en face du restaurant, l’entrée du Champ des Martyrs dont les dévouées religieuses infirmières (Sœur Cécile) venaient aux baraquements « faire les piqures » et rendre beaucoup d’autres services de caractère « puériculturels » et mettre au service des jeunes mamans inexpérimentées des conseils leur faisant souvent défaut, ici hélas.

En entrant dans la rue du Cdt Ménard, à l’angle de la rue des Chataigners, un petit bistrot dont la maison existe encore et qui accueille l’Agence Prisma Immobilier.

Ce bistrot était exploité par une dame veuve, Madame Ferron. Une charmante petite bonne femme que j’allais quelquefois aider à pousser sa baladeuse pour aller chercher des tonnelets de vin et des bouteilles d’une boisson nouvelle qui portait le nom de « Raspail » du nom de la rue où nous allions charger notre cargaison.

Les buveurs habitués de l’estaminet avaient baptisé cette boisson « le rince-paille! »

La rue Emile Savigner n’existait pas encore. Le digne notable-récupérateur sera encore Maire d’Avrillé jusqu’en 1959

Plus loin, sur la droite, deux ou trois maisons entourées d’arbres, dont celle de la « Mère Lépicier » qui possédait une énorme cloche que nous allions agiter, quelquefois, pour s’amuser un peu.

Puis, faisant l’angle de la rue Anne-Marie Voillot la Villa Minerve, superbe maison jumelée de type Art déco, occupée par deux familles.

Plus loin encore j’ai le souvenir de Jean Monclin l’entraineur que nous regardions quelquefois « travailler » ses chevaux avec force voix !

Puis de la belle maison toute en couleurs également de style Art déco de la famille Le Noble qui portait le nom de « Mékaro ».

En face, la rue Geoffroy Martel (était-elle déjà Boulevard ?) et son célèbre restaurant Le Petit Clamart où plus tard ma maman à travaillé quelques années.

Au fond du Parc, la Colonie du Chêne Fournier près de la ferme Riou ou nous allions chercher du lait encore tiède.

Il y avait peu d’habitants au Parc de la Haye dans les années 40, la vingtaine de grosses maisons, souvent dites « bourgeoise » étaient éloignées les unes des autres.

Beaucoup d’autres propriétés closes étaient le plus souvent plantées d’arbres et comportaient une petite bicoque de quelques mètres carrés qui était habitée surtout le dimanche.

Et puis des chênes, des chênes… et des châtaigniers plutôt jeunes et des genêts et des ronces et des fougères immenses partout, presque la forêt… notre forêt…Notre bonheur...

 

Henri VINCENT

 

C'est un engin comme ceux-ci qui blessat grièvement nos trois jeunes copains. Il est heureux que Jeannot l'ait jetté assez loin et qu'il retombe de l'autre côté d'un petit muret, qui d'ailleurs fut pulvérisé par la déflagration(d'après l'enquête de police qui fut faite)



la chocotte ?

 

Ma Chocotte ?

 

A Avrillé lorsque j'étais enfant, nous appelions "une chocotte", un dépotoir, on dit aujourd'hui, une décharge publique. Il y en avait probablement une dans toutes les communes bien sûr.

Les tombereaux hippomobiles des ramasseurs d'ordures "ménagères" de l'époque (les bougonniers) y déversaient leur contenu (les balayures)

Au Bois du Roi, tout au bout de la rue des Chênes où j'habitais, les bougonniers ne venaient pas mais il y avait une "chocotte" où, un peu tout le monde venait se débarrasser de déchets et de bricoles inutiles et encombrantes. C'était je crois une ancienne carrière.

Et nous, les enfants des habitants les moins aisés (j'étais de ceux-là hélas), nous allions "chocotter", c'est à dire chercher et rapporter des "trucs", matériels ou des ustensiles apparemment encore utiles."

Des adultes allaient aussi "faire un tour à la chocotte" à la recherche d'un morceau de bois, de fil de fer ou autre métal pour bricoler à la maison.

Ce nom féminin de "chocotte" dont aucune encyclopédie ne mentionne l'existence se prononce encore aujourd'hui en Anjou et je le prononce encore volontiers (mes fils également) pour désigner quelques décharges sauvages.

- T'a vu, y a une chocotte !

Bien sûr, j'aurai plaisir à voir ce mot prendre quelque part la place qui lui revient, c'est pourquoi je l'ai proposé à Wiki Anjou où j'étais quasiment sûr qu'il trouve à se loger...



Il a tombé quéqu'gouttes à matin... (Dimanche 30 juillet 2017)

Il a tombé quéqu'gouttes à matin su l'coup d'cinq heures. J'créyais ben qu's'allait v'ni garce ! Mé non… ren !  

Cé jours, on en a eu un p'tit' mé point assé pour ben fér.

Les brins de 'r'marin y s'ardressent tout' mém et y a des champignons qui font la ronde.  Mé faut ben dir' que c't'année cé point ça ! Dans l'pré là d'vant le r'gain il est ben râre et les chouaux y grattent du sabott' !

L' bon Dieu y aurait t'y point su c'coup là oublié d'penser aux pésants et aux jardigners ben à la pène  à c't'heur ?

Mé on va point pigner pour autant…

 

Quêqu's'uns d'enter-vous vont sur'ment  ren comprend' à c'que j'raconte an'huit mé ça fé ren, jé yeu envie d'vous causer comme j'l'é entendu v'là d'ta l'heur 80 ans.

Ça m' rajeunit !