VINCENT  DAVRILLÉ

 

Sepia 17 février 21 à 09h49

 

Avant de vous inviter à vous promener dans mon site je vous informe qu'il se présente sous la forme d'un livre que vous pouvez feuilleter à partir des numéros de pages indiqués dans la bande Noire en haut de chacune d'elles. Le numéro de la page que vous êtes en train de lire se trouve en haut à gauche à côté du petit S sur fond rouge

Bonne balade ensemble

 

Je suis un plutôt vieux bonhomme de plus de 87 ans et je suis présentement comme beaucoup de nos concitoyens, plutôt privé de loisir, voir de bonheur...

Ça commence à bien faire, non ?

En tous domaines en effet c'est plutôt "le calme plat".

L'association du Quartier St Lazare d'Angers dont je suis le très honoré vice-président après en avoir été 7 ans le président et qui m'occupe un peu tout de même à quasiment fermé ses portes à cause du Covide !

Vivement le Coplein !

Je passe une ou deux fois par semaine pour une courte visite dans nos locaux notamment pour relever la boite aux lettres.

Les stores sont baissés et le chauffage est éteint, c'est d'un triste, là où d'accoutumée ça bouge et qu'il se passe sans cesse quelque chose...

Nous en reparlerons.

Notre association des "Habitants du Quartier Saint-Lazare" est située dans la rue du même nom dans un quartier du Nord-Ouest de la ville d'ANGERS dans le Maine et Loire et que l'on nomme La Doutre.

Nous y menons une belle activité que je vous raconterai également un peu plus tard.

*

Pour relancer ce site qui depuis plus d'une année maintenant n'a fonctionné que par épisode en raison des contraintes sanitaires, j'ai choisi de vous présenter une exposition que j'avais proposée en 2017 et que j'avais "accrochée" aux murs chaulés de l'ancienne chapelle d'une léproserie dont notre association a favorisé en 2005 la restauration.

Mais avant toute autre chose il me faut vous raconter ma première histoire...

Un jour de 2007 je crois, lors d'une promenade en compagnie de ma chère épouse, disparue depuis hélas, J'avais ramassé une petite branchette de physalis au bas d'une clôture fraichement taillée

J'avais conservé plusieurs année durant ce joli petit assemblage planté dans le coin d'un calendrier ou d'un cadre et il ne s'était jamais déterioré.

L'idée m'est venu en composant se site de lui souffler un peu dessus pour le photographier et de le "prendre à témoin" des historiettes que je vais conter ici.  La au moins il n'aura à craindre, que la poussière du temps...

C'est la raison pour laquelle je m'efforcerai désormais dès que je publierai sur ce site de m'inspirer de cette curieuse plante qu'on appèle aussi "la lanterne rouge" ou bien "l'Amour en cage" ce qui - entre-nous - est beaucoup plus poétique et plus proche de mon propre slogan :

"Rien sans Amour".

Et puis son aspect quelque peu déssêché caractérise tout à fait celui de mon enigmatique personne ?

Quant aux lanterne rouge ? Si j'en ai cent fois brandi les couleurs j'ai aussi bien souvent figuré en bon dernier.

 

Le Physalis en question

 

 

Texte de l'allocution que j'avais prononcée lors du vernissage de l'exposition

"MON VILLAGE DANS LA VILLE"

 

Je vais en quelques mots tenter de vous conter le comment du pourquoi j’ai choisi ce titre "Mon Village dans la Ville" et quels sont les sentiments qui ont légitimé mon souhait de lancer cette exposition.

Cela d'abord m'oblige, je vous en demande pardon, à vous parler un peu de moi…

je suis né en 1933 dans une baraque en bois, de la rue des Chênes, au Bois du Roi d'Avrillé.

Cela ne s’invente pas n'est-ce pas ? Bon Dieu de bois !

Et autant que je me souvienne, la Place Lionnaise devenue place Bichon doit être la destination la plus éloignée où mes courtes papattes de petit enfant m’aient d’abord porté.

Nous ne nous déplacions à cette époque qu’à pied ou nos parents à bicyclette. Il y avait aussi les cars Siroux.

La traversée de la rue St Lazare tenu par la main de ma mère était pour moi un spectacle fascinant, c’était l’autre bout du bourg d’Avrillé où il me semblait voir s’agiter beaucoup plus de choses que là bas bien sûr !

Ma mère y faisait quelques achats et moi déjà je photographiais dans ma tête tout ce que je voyais pendant les trajets d’aller et de retour. Beaucoup d’images y sont encore présentes, on pourra en évoquer quelques-unes dans le cours de cette exposition.

Le 17 juin 1944 la baraque en bois n'a pas résisté au souffle d'une bombes de 500 kg tombée là à quelques mètres devant sur la rue et ma mère récemment veuve de cette même guerre, mon petit frère et moi avons été contraint en novembre de s'en aller habiter une autre baraque en bois quasiment neuve celle-là, récemment encore habitée par de verdâtres occupants… au Parc de la Haye.

J'y vécus 8 ans, notre mère y vécut 15 ans…

Ah les baraquements ! Une époque épique !

J’ai écrit ailleurs, quelques feuilles en forme de florilège de ces moments historiques que vous trouverez en feuilletant ce blog. 

Là aussi, habitant au Parc de la Haye, rien de changé, pour moi, la rue St Lazare était toujours un autre bout du village accessible à pied.

Nous y venions toutefois plus souvent du fait de l'amélioration des conditions économiques et à 12 ans il m’arrivait même d’y venir seul.

J’ai grandi un peu en effectuant d’abord une (brillante !) scolarité à l’École Communale du Boulevard de Laval rebaptisée lui aussi Clémenceau. C’était à nouveau là, tout près d’ici !

Quelques années encore et je travaille quelque temps chez divers commerçants du quartier, Biscottes L’Angevine, Comptoir Moderne…etc.

Puis je m'en vais à mon tour participer à une autre guerre à l’autre bout de la planète.

Au retour je fonde une famille sans trop m’écarter d'ici tout de même ! Mais je demeure toujours très amoureux de mon "quartier-village."

Même si plus tard sporadiquement je m’en suis éloigné pendant vint-ans pour des raisons professionnelles, je revenais souvent rue St Lazare pour m’étonner à chaque fois de ses importantes transformations qui finalement lui ont rendu l’apparence qu’elle présente aujourd’hui.

Le quartier a malgré cela conservé, à mon avis le rassurant caractère d’un village de "presque campagne" ! Des habitations plutôt basses avec le plus souvent un ou deux étages. Une artère principale étroite à travers laquelle on peut encore se parler, se saluer comme jadis…

Une population saine et active de condition plutôt modeste. Une proportion importante de retraités. Un nombre de commerces qui singulièrement se maintient ? Un marché remarquable, vers lequel on sait l’heure à laquelle on va, mais dont on ne peut présager de celle à laquelle on va en revenir, car selon le bon vieil adage angevin… on s’cause… Ba oui ! Bref ! moi j’y vois un village ?

En définitive après ma retraite je me suis refixé dans ce quartier, pas loin d’ici, parce qu’il ne pouvait en être autrement. J’existe donc instinctivement par, pour et avec ce quartier, Mon village.

Cela sommairement dit de la vigueur de ma motivation à proposer à l’exécutif de notre association, un projet d’une manifestation culturelle photographique et rétrospective de la vie du quartier à l’à-propos également des 30 ans de l’association.

Plusieurs membres motivés m’ont aidé par leurs souvenirs et m’ont accordé du temps pour finaliser mon projet. Qu’ils soient ici ce soir gratifiés de mes sentiments les meilleurs. Je les cite : Christian, Bernard, Noël, Geneviève, Marie-Hélène, Michel, Joël et au final Régine en appuis à Marie-Hélène pour les petits "plaisirs de la bouche"

Je remercie également pour leur accueil, leur aide et leurs précieux conseils, Mesdames Stéphanie Vitard, Marie Retailleau et Morgane Gourichon du SEVAH (Service Éducatif d'Angers Ville d'Art et d'Histoire) , de Michèle Moreau Première adjointe à la Ville d’Angers, pour son assistance financière.

Cela étant dit, j’avoue rétrospectivement, m’être fait grand-peur, car l’opération n’a pas été aussi commode que je l’avais pronostiqué. Les recherches de documents ont été très laborieuses… et modestement fructueuses…

En effet, si les différents services d’archives municipales et départementales que je remercie aussi très vivement offrent des fonds documentaires intéressants, riches et passionnants ce sont le plus souvent des documents écrits et consultables sur place. 

Pour ce qui concerne des documents à caractère visuel, photos et images, ces fonds peuvent être moins richement fournis et c’est dramatiquement le cas pour notre quartier. (Pour ce qui est de la Chapelle St Lazare par exemple un seul dessin datant de 1716 et rien d’autre, n’existe pour nous représenter son aspect original.)

J'ouvrirai bientôt sur ce site une page essentiellement dédiée à la restauration de cette chapelle Saint-Lazare dans laquelle notre association de quartier s'est fortement investie.

Quant à des documents et photos détenus par des habitants je ne vous apprends pas qu’à défaut de procéder à des perquisitions, il est quasiment impossible de les faire sortir des armoires et que bien souvent lorsque des personnes décèdent ces pépites finissent en déchèterie avec l’ensemble des "vieilleries" !

Pour moi, c’est à pleurer…

Finalement, après avoir raclé, ratissé tous les fonds possibles de tiroirs nous sommes parvenus à respecter mon cahier des charges pour présenter ici sous cadres une belle collection d’images retraçant divers lieux et scènes de vie de notre quartier dans le cours des deux derniers siècles.

Une vingtaine de ces images sont extraites d’une série de 650 clichés exclusifs que j’avais personnellement réalisés un peu clandestinement durant les travaux de restauration de la Chapelle en 2006/2008.

Nous avons le plaisir d’ajouter également une autre expo dans l’expo présentée par notre ami Michel DANIN de l’UATL d’Angers, sous la forme de panneaux richement documentés évoquant le bombardement allié du 17 juin 1944, que j’ai cité plus haut et qui a fait de nombreuses victimes notamment à Avrillé, St Lazare, La Doutre et plus loin encore.

Notre souhait le plus ardent maintenant, c’est que des visiteurs de cette très modeste exposition qui va durer 10 jours viennent nombreux. Qu’ils s’interrogent, qu’ils nous interrogent et qu’ils partagent sur place leurs impressions avec d’autres visiteurs devant nos images sur tel ou tel sujet présenté et que d’aimables et fructueux dialogues s’établissent.

Et puis à côté de ce que nous n’aurons pu montrer en image il reste la parole de certains d’entre nous qui conservons à l’esprit un solide réservoir de souvenances que nous révèlerons sans retenue.

D’autres images plus difficilement exploitables sous cadre sont présentées "à plat" sur des tables, mais elles n’en constituent pas moins une source documentaire indissociable de l’histoire contemporaine du quartier.

Un village/quartier donc, (puisque j’en ai décidé ainsi) discret par son histoire, mais dont l’attrait est certain et que celui-ci ne peut que s’accroitre, notamment par le dynamisme de son association d’habitants ainsi que par l’évident intérêt que vous ici présents et quelques autres manifestement, lui portez.

Je vous remercie et vous souhaite un bon moment


 

POUR L'HISTOIRE, APRÈS COUP ET POUR MA FIERTÉ BIEN SÛR, MON EXPOSITION À REÇU LA VISITE DE 812 VISITEURS

 

Notre exposition a remporté un véritable succès puisque nous avons comptabilisé près de 800 visiteurs dans la période de 10 jours impartis.

L'implication de Marie-Hélène, Régine, Geneviève, Christian, Bernard, Michel et Joël fut en tout point remarquable. Respect... qu'ils soient ici pleinement remerciés

Suivez le guide...